samedi 10 juin 2017

Fetihye, antique Telmessos

Je n’y étais plus retournée depuis 1992. Nous nous étions alors approché au plus près de la falaise et avions visité le monumental tombeau d’Amyntas creusé dans le rocher imitant la façade d’un temple grec avec fronton triangulaire et colonnes à chapiteaux ioniques. (Ceux des rois Perse du Pont, à Amasya, contemporains de celui-ci, ne peuvent rivaliser en élégance)


Derrière les colonnes, une porte sculptée dans la pierre reproduit tous les détails des portes en bois des constructions de l’époque, 4e siècle av. JC. A proximité de l’édifice, on peut voir d’autres tombeaux de même type et ceux évoquant des maisons en bois. L’imitation quasi systématique d’éléments d’architecture en bois laisse à penser que les Lyciens étaient de très habiles charpentiers avant de passer maître dans l’art de tailler la pierre sous l’influence hellénistique.

Cette fois je les regarderai de loin, car quelques courses en ville sont l’objectif du jour. 



Haut en couleur comme la plupart des marchés de Turquie, celui de Fetihye est moins pittoresque que celui de Milas. Mais on peut toujours y apprendre quelque chose… Pouvez-vous identifier ceci ?


Dans les fruits de cette plante se cachent… les pois-chiches !
Une longue promenade aménagée en bord de mer qui n’existait pas alors, souligne désormais la magnifique baie abritée derrière son archipel. Sur la place de la mairie trône encore le sarcophage aux inscriptions lyciennes, trouvé immergé et déplacé. 


Il est l’un des plus élégants spécimens de ce type de tombeaux. Sur la partie supérieure en ogive on remarque des bas-reliefs représentant des guerriers.
Un détour vers le théâtre antique confirmera qu’il a été dégagé depuis notre précédant passage, il y a 25 ans ! Mais il a aussi été défiguré par une irrespectueuse restauration… Ça ne vaut même pas une photo. Pourtant, mis à part les tombeaux funéraires, les vestiges ne sont pas légion. Cette tranquille petite ville balnéaire, aux portes de la Lycie a subi deux seimes très dévastateurs en 1856 et 1957 qui ont enseveli les traces de son patrimoine archéologique. L'urbanisation, bien que modeste, a fait le reste. 
A l'inverse, à quelques kilomètres de Fetihye, une autre cité antique étale ses ruines depuis longtemps, sans qu'aucune intervention n'ait troublé son sommeil. Kadyanda a été identifiée par Charles Fellows au milieu du 19e siècle. Nous irons lui rendre visite dans les prochains jours.


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